L’histoire et l’évolution de l’école

Les origines de l’école

On ne saurait parler des origines de l’actuelle Ecole Notre Dame de Bonne Nouvelle sans faire un peu l’historique du quartier dans lequel elle se situe.En effet, si ce quartier est actuellement on ne peu plus central, c’était à l’époque un faubourg « le Faubourg de Lattes » à la population très mêlée, faite de déracinés, de petites gens vivants de petits métiers.Un couvent de Frères Mineurs (Cordeliers ou Récollets) se trouvait là ou Moyen-Age. Leur église est devenue « l’Odéon » et leur cimetière le Temple Protestant.Au milieu de cette campagne, coupée de jardins, des bâtisses et des maisons se construisent peu à peu.Jusqu’en 1558, le bâtiment qui est aujourd’hui la chapelle N.D de Bonne Nouvelle, était la propriété de la Franc-Maçonnerie, dont une loge occupait le premier étage. Au rez-de-chaussée se trouvait un bal nocturne mal famé « le Bal de l’Etoile ».En 1858, le curé de la Paroisse N.D des Tables, le Père Vinas achète cette bâtisse ainsi que le bâtiment voisin. Son but est de créer une chapelle de secours dans ce quartier alors périphérique éloigné de la paroisse afin « de réchauffer une population si froide, si indifférente et assez étrangère à l’Eglise ».Et de fait l’implantation de cette chapelle commence par pas mal d’échecs. Le brave curé, constate que les trois cabarets voisins ne désemplissent pas. Il fait allusion à un métier qui depuis, hélas a résisté à tous les changements.La chapelle mise en service s’appelle alors CHAPELLE ST FRANCOIS .Un œuvre de « persévérance » est également créée pour les jeunes du quartiers dans le local de la chapelle : jeux, billards, bibliothèque, … et ce « patronage » a nettement plus de succès que l’ouverture de la chapelle, qui a toujours du mal à rassembler du monde pour constituer une « œuvre de sanctification du dimanche ».

Mais peu à peu avec le repeuplement du quartier, la population finira par adopter ce sanctuaire.

 

L’évolution de l’école

1865 : Monsieur Alfred Bruyas fait l’acquisition de jardin « Verdier » (cour de l’école actuelle) et d’une partie du local de la « maison du charron ». Les chroniques signalent une « bâtisse nouvelle » et un embellissement des lieux ainsi que du passage. Il s’agit sans doute de l’hôtel du peintre Alfred Bruyas, qui deviendra plus tard le local de l’école actuelle, s’ajoutant aux constructions existantes, immédiatement voisines et heureusement restaurées.

1866 : Etablissement d’une école, placée sous la direction et le patronage de Mr le curé de N.D des Tables, propriétaire des locaux devant servir à cette école et dénommée : INSTITUTION ST.FRANCOIS D’ASSISE ET MANACANTERIE N.D DES TABLES FAUBOURG DE LATTES RUE DU MANEGE.

Cette école « essentiellement chrétienne en tous points » reçoit des élèves de 9 à 12 ans (les plus jeunes ne pouvant être qu’un embarras, et les plus âgés pouvant être d’un mauvais exemple). Pas plus de 40. Mr Etienne Bertrand en assure la direction et veille scrupuleusement à assurer une formation humaine complète et une solide formation chrétienne, où le souci des cérémonies liturgiques tient une grande place. Cette école commence à fonctionner en 1867.

Pour des raisons qui nous échappent, Mr Bertrand se voit remplacé dès le 1er octobre 1868 par un autre laïc (les diocèses de Nîmes, Toulouse, Lyon, Grenoble, Perpignan, Rodez n’ayant pu fournir un ecclésiastique, pourtant vivement souhaité), Mr Nougarède, qui accepte les conditions de Mr le curé Vinas  et l’école continue …

… Mr le curé Vinas, propriétaire des lieux meurt. Par testament, il cède ses locaux à la « fabrique » de N.D des Tables. Son successeur, Mr Bec d’accord avec le « conseil de fabrique » entame des pourparlers « d’aliénation des locaux du Faubourg de Lattes ». Tergiversations de 1868 à 1892.

1876 : Première démarche de la Mère fondatrice des Sœurs Franciscaine du St Esprit. Mère Françoise du St Esprit,  pour acheter ses locaux. On passe une promesse de vente, sans suite.

1877 : Proposition d’achat de Mr l’abbé Dossède qui veut fonder une « école de pieux clercs » de milieu populaire. Il veut seulement « la maison » non point « la chapelle ». Promesse de vente, sans suite.

Mr Dossède propose la location de l’immeuble et de la chapelle. Sans succès.

1878 : Nouvelles propositions d’achat par le même Mr Dossède. Refus du conseil de fabrique pour l’achat, mais acceptation de location pour « l’œuvre des pieux clercs ».

1884 : Nouvel acheteur, nouveau rejet par le conseil de fabrique.

1888 : Décision du même conseil de ne pas consentir  l’aliénation des locaux du faubourg         de Lattes, mais de procéder à leur restauration.

1892 : Projet de bail à consentir avec les « Dames Franciscaines » pour une école.

Vers 1900 : Les Sœurs Franciscaine du St Esprit sont à pied d’œuvre dans les locaux du

« Faubourg de Lattes » et dans les locaux du peintre Bruyas. Elles y ont ouvert

une école de quartier.

1905 : Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les biens de la Fabrique sont confisqués. Les

Locaux sont vendus et la chapelle est cédée à « usage de culte ».

1920 : Ces biens sont rachetés par la paroisse (à l’exclusion de la chapelle) à la troisième

chandelle (sorte de vente aux enchères).

Mr le curé Cabanel en fait don à une association loi 1901.

1940 : Le successeur de Mgr Cabanel, qui n’est resté qu’un an curé de N.D des Tables,

vend les locaux aux religieuses Franciscaine du St Esprit. La chapelle, toujours

propriété de l’Etat reste à usage de « culte » pour le quartier.

L’école qui fonctionne depuis le début du siècle, comme une école primaire de

quartier,  ouvre des classes depuis le certificat d’études jusqu’au brevet élémentaire. Les effectifs sont relativement nombreux.

1958 : Départ des sœurs franciscaines, qui pour ouvrir une maison à Bayonne (maison

de passage entre la France et l’Espagne, permettant à leurs sœurs espagnoles nombreuses, des études de la langue française) décident de fermer leur école de Bonne Nouvelle au profit de leur maison plus importante de Bayonne et du Boulevard de Strasbourg à Montpellier.

1958 à 1960 : L’école continue, Mme Faucon, bien connue comme une ancienne élève et institutrice dans l’établissement, en assure la direction intérimaire en attendant que d’autres religieuses viennent prendre la relève. Ces religieuses arrivent en 1960. Ce sont des Sœurs de la Providence de Mende.

1962 : Le curé Cazalis, doyen de N.D des Tables, qui tient farouchement à la cause de l’enseignement catholique et à maintenir une école libre sur le quartier de sa paroisse rachète au prix de bien de difficultés mais aussi de beaucoup de « petits miracles financiers » de la grande générosité de ses paroissiens, les locaux aux sœurs franciscaines. Ces dernières ayant dû donner la préférence à un acheteur moins fortuné, emportent tout ce qu’elles peuvent à leur départ et laissent les locaux dans un très lamentable état, que les successeurs pendant des années auront beaucoup de mal à améliorer.

Par la suite des aménagements ont été apportés. Un essai de fonctionnement de cours complémentaires entre 1963 et 1968 n’ayant pas donné toutes les garanties souhaitables de durée, a été revu puis abandonné en 1968 au profit de l‘aménagement de classes maternelles et primaires.

Après 1968: L’école N.D de Bonne Nouvelle occupe les locaux de l’ancien « Faubourg de Lattes » et la maison du peintre A. Bruyas. Au fil des mois et des années, au prix de bien des soucis et de difficultés de toutes sortes (aménagements et réparations) ont permis d’établir 7 classes sous contrat simple : 4 maternelles et 3 primaires qui totalisent un effectif de 240 à 250 enfants de 2 ans ½ à 11 ans.